Accaparement des terres par de grandes entreprises

l’accumulation capitaliste des terres agricoles dans l’est de l’Ontario et les limites de l’hypothèse de la financiarisation

Auteurs-es

DOI :

https://doi.org/10.15353/cfs-rcea.v13i2.756

Mots-clés :

terres agricoles, accaparement des terres, financiarisation, sociétés agricoles, accumulation capitaliste

Résumé

Cet article soutient que certains cas récents d’accaparement des terres au Canada procèdent de l’accumulation capitaliste par de grandes sociétés agricoles. Y sont présentés les résultats et leur analyse d’une enquête sur la propriété des terres agricoles de l’est de l’Ontario entre 2000 et 2017. L’étude faisait l’hypothèse que des sociétés d’investissement étaient à la source d’une concentration foncière dans la région, comme le montre une étude comparable (Desmarais et al., 2015). Néanmoins, l’enquête sur les titres de propriété a révélé que la concentration foncière agricole par des firmes financières y était relativement faible. Il en est plutôt ressorti que des sociétés agricoles familiales à échelle industrielle étaient les principales responsables de la concentration foncière. L’étude comprenait aussi des entretiens avec des personnes agricultrices et des investisseurs du secteur agricole qui ont révélé qu’une poignée de sociétés agricoles ont réussi à acquérir de vastes terres grâce à l’accumulation capitaliste progressive de fermes concurrentes, favorisée par un accès différencié à la protection du marché. L’article se penche sur l’impossibilité, pour les firmes d’investissement du secteur agricole Walton International and Bonnefield Financial, d’accumuler une quantité importante de terres agricoles dans la région. Il identifie des obstacles réglementaires et commerciaux à la financiarisation, notamment des règlements de zonage sur l’usage des terres qui protègent les principales zones agricoles, et aborde les contradictions entre la valeur accordée aux terres agricoles selon qu’on les destine à l’agriculture ou au développement. Les conclusions de l’étude montrent un ensemble d’élites foncières et de processus économico-politiques en jeu dans la concentration foncière qui diffèrent des explications financières documentées dans des études semblables. Cela suggère que le phénomène d’accaparement des terres au Canada n’est pas seulement basé sur les impératifs économico-politiques du capital financier, mais aussi sur des pratiques inhérentes à l’agriculture capitaliste.

Biographie de l'auteur-e

Christy Kelly-Bisson, Dalhousie University

is a research assistant and co-lead for the Land and People Pillar of the SSHRC-funded Common Ground Network at Dalhousie University. They completed their Ph.D. at the School of Political Studies at the University of Ottawa, where they focussed on the poltical-economic history and theory of land tenure in eastern Canada. Christy also operates a smallholder, agroecology-based market garden in Sulieweykikt (New Germany), Mi’kma’ki-Acadie-Nova Scotia.

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Publié-e

2026-08-27

Comment citer

Kelly-Bisson, C. (2026). Accaparement des terres par de grandes entreprises : l’accumulation capitaliste des terres agricoles dans l’est de l’Ontario et les limites de l’hypothèse de la financiarisation. La Revue Canadienne Des études Sur l’alimentation Canadian Food Studies, 13(2), 67–85. https://doi.org/10.15353/cfs-rcea.v13i2.756

Numéro

Rubrique

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