Vol. 13 No. 2 (2026): Trouver des alliés
Emily Dickinson a écrit : « Pour faire une prairie, il faut un trèfle et une abeille. »
Comme Geneviève Boudreau l’observe dans son propre jardin urbain et le note dans Une abeille suffit, une sorte de carnet de terrain et d’assemblage d’essais poétiques, l’association entre trèfle rouge et bourdon est particulièrement intime. Le trèfle est une des principales sources de nourriture pour le bourdon. Et celui-ci, séduit par la forme de ses fleurons et son parfum sucré, est le principal pollinisateur de cette fleur autostérile. Ensemble, l’abeille et la plante transforment les 12 mètres carrés de pelouse de Boudreau en une prairie.
Ce sont des alliés. Un trèfle. Une abeille. Une si petite échelle, avec de si formidables répercussions.
Les alliances et la solidarité sont au cœur de ce numéro, et c’est ce qu’illustre notre couverture. Les zèbres, semblent-ils, se tiennent souvent de cette manière, côte à côte en sens opposé, la tête vis-à-vis du derrière de l’autre, afin d’avoir ensemble une vision à 360o de la savane et donc de se protéger mutuellement des prédateurs.
Selon notre coadministrateur David Szanto, les zèbres semblent se renifler l’un l’autre. Lisez son éditorial pour découvrir en quoi ce genre d’engagement sensuel importe.
Dans la même veine, les articles de ce numéro explorent diverses formes d’alliance. Celle-ci se manifeste notamment dans la méthodologie lorsque, par exemple, des chercheuses qui se positionnent comme membres de leur population de recherche décident de se co-interviewer. (Consultez le texte de Da Costa et Tremblay.)
On en trouve une autre sorte dans l’analyse de l’alliance entre les politiques de soutien à l’agriculture et les agriculteurs à haut revenu. (Lisez İşcan et al.) Avec l’accent qu’il met sur « l’accroissement des volumes et la compétitivité à l’exportation d’une gamme réduite de cultures fourragères, de céréales et d’animaux d’élevage », ce partenariat puissant sert ultimement bien peu de gens, et ce, à un coût environnemental élevé. Puis, dans la foulée d’un évènement bilingue pancanadien sur l’insécurité alimentaire, Knezevic et al. s’efforcent de décortiquer les défis et les opportunités qui se présentent dans une autre sorte d’association, cette fois entre la communauté et le milieu universitaire.
Nous vous invitons à garder ces thèmes à l’esprit en parcourant ce numéro, à porter attention aux enjeux liés au fait de trouver des allié·e·s.
Bonne lecture !
Boudreau, G. (2024). Une abeille suffit : carnet d’observation d’un jardin urbain. Noroît.


